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Mrs : M E
Bachir DIOUF
Kadialy SAMBOU
Dieumbe
Mbaye
Papa
O. DIONGUE
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E-mail: geepabs@ucad.refer.sn
INTRODUCTION : Le Sénégal est parmi les
plus anciens foyers de peuplement de l'Afrique Occidentale. Avant la
colonisation, de nombreux Etats ont évolué sur son territoire. Mais à partir du
19e siècle, le pays sera conquis et annexé par les Français. Dès
lors, on va assister à la naissance de ce que l'on appelle communément le
Sénégal Colonial avec une nouvelle forme d'organisation administrative,
politique, économique et sociale, ainsi qu'une évolution politique calquées sur
le modèle de la France.
I.
LE SENEGAL PRE COLONIAL
Durant la période pré coloniale, le Sénégal était un
ensemble de royaumes prospères dont l'économie reposait principalement sur les
activités agricoles et commerciales. Il s'agissait du Walo, du Cayor, du Baol,
du Djolof, des Royaumes, Sérères et Peuls, des Etats de la Casamance, de la
Haute Gambie et de l'Est du Sénégal. Mais, affaiblis par l'instabilité
politique et la Traite Négrière, ces Etats se montrèrent impuissants devant la
poussée coloniale. Officiellement, la colonisation militaire des Etats
sénégalais commença en 1816 avec le Colonel Schmaltz avant de devenir effective
en 1854 sous Faidherbe, fondateur du Sénégal moderne. Malgré une résistance
héroïque de la part des chefs locaux pour défendre l'intégrité territoriale et
l'indépendance de leurs Etats respectifs, presque tous les territoires compris
entre l'embouchure du Sénégal et la rive nord de la Gambie seront tour à tour
conquis entre 1855 et 1892. Une fois la conquête achevée, les Français vont
s'employer à organiser la colonie du Sénégal.
II.
LE SENEGAL COLONIAL
A. Organisation administrative,
politique, économique et sociale.
1. Organisation administrative, politique et économique.
Le 7 novembre 1840, la gestion administrative,
politique et économique de la colonie du Sénégal imposa la création d'un
Conseil d'Administration et d'un Conseil d'arrondissement respectivement à St
Louis et à Gorée. Entre 1872 et 1887, quatre communes de plein exercice furent
créées à leur tour : St Louis (1872), Gorée (1872), Rufisque (1880) et Dakar
(1887).
Le 18 octobre 1904, un décret divise le Sénégal en
deux territoires administrativement distincts : les territoires
d'administration directe ou "territoires annexés" représentés par les
quatre communes, leurs banlieues (le Djander, le Walo, le Gandiolais) et les
chefs lieux des cercles qui longent la voie ferrée Dakar - St-Louis sur 600 Km
; les territoires d'administration indirecte ou "pays de protectorat"
désignant le reste du pays structuré en cercles, subdivisions, cantons et
villages.
Quant à l'économie de la colonie, elle reposait
essentiellement sur la culture de l'arachide et était dominée par les maisons
commerciales Bordelaises ou Marseillaises (Maurel et Prom, Devès et Chaumet,
Scoa, Peyrissac, Nosoco Buhan et Teisseire etc.). Par ailleurs, le Sénégal
bénéficiait d'une certaine autonomie financière dans la mesure où il conservait
la totalité de ses recettes fiscales et assurait les dépenses civiles, de
gendarmerie, de fonctionnement et d'équipement.
2. Organisation de la Société
Les Sénégalais étaient divisés en deux groupes
sociaux distincts : les Citoyens et les Sujets.
Les premiers concernaient les natifs des quatre
communes et les personnes y ayant résidé pendant cinq (05) ans au moins. Français de nationalité, ils
étaient soumis au droit civil et pénal français et jouissaient de tous les
droits politiques. Quant aux sujets, ils n'avaient pratiquement aucun droit. En
1887, ils furent soumis au Code de l'Indigénat qui leur imposa des obligations
économiques (réquisitions, corvées, travail forcé etc.).
On distingue deux phases importantes dans
l'évolution politique du Sénégal Colonial : la période des Blancs et des Métis
(1848-1914), et la période des Noirs (1914-1941).
1. Evolution politique du Sénégal de 1848-1914.
Au lendemain
de la révolution du 22 février 1848, des élections sont organisées à St Louis
en vue d'envoyer un député au parlement français. C'est le début alors de
l'assimilation politique de la Colonie du Sénégal qui enverra tour à tour,
entre 1848 et 1914, huit (08) représentants élus au parlement français :
Barthélemy Durand Valentin (métis), John Sleight (métis), Jean Baptiste Lafon
de Fougauffier (blanc), Alfred Gasconi (métis), Aristide Louis Vallon (blanc),
Jules Couchard (blanc), Hector d'Agoult (blanc) et François Carpot (métis ).
2. Evolution politique du Sénégal de 1914 à 1941
Durant cette période, marquée par l'émergence de
l'élite noire, la scène politique sénégalaise était dominée par deux hommes
essentiellement : Blaise Diagne et Galandou Diouf.
Æ Blaise Diagne est né le 13 octobre 1872 à Gorée. Il fut fonctionnaire des Douanes
avant d'être élu député ( 7 juillet 1914 ) au parlement français où il assumera
les fonctions de Haut-Commissaire des colonies. En 1916, il fit voter une loi
accordant la citoyenneté française à tous les ressortissants des quatre
communes. Il s'opposa également à la réquisition des terres Lébou par
l'administration coloniale. Mais, en 1923, la signature d'un pacte avec les
maisons bordelaises entama considérablement son prestige politique : son parti connut alors une scission avec la
création de l'U.R.J.S. (Union Républicaine des Jeunes Sénégalais) par Thiécouta
Diop. Malgré sa défaite aux élections municipales de St-Louis en 1925 devant
Lamine Guèye, Blaise Diagne restera député jusqu'à sa mort le 11 mai 1934 à
Cambo Les Bains.
Æ Parmi les candidats à sa
succession figure en bonne place Galandou
Diouf. Ce dernier est né le 19 septembre 1875 à St-Louis. Il fut
instituteur, chef de gare, commerçant, ancien combattant, maire avant d'être
élu député en 1934. Soutenu par les intellectuels Senghor, O.S. Diop, Karim
Gaye, sa popularité baisse en 1938 en faveur de Lamine Guèye mais il gardera
son poste jusqu'à sa mort le 6 août 1941 à Cannes. Au devant de la scène
politique sénégalaise se trouve désormais Lamine Guèye auquel se joint Léopold
Sédar Senghor.
CONCLUSION : Le Sénégal a abrité sur son
territoire de nombreux Etats avant d'être colonisé par la France. Le système
colonial a entraîné le démantèlement des structures administratives,
politiques, économiques et sociales du pays. Devant cette situation, les
populations vont chercher leur salut auprès d'une élite politique noire
représentée par Lamine Guèye et Léopold Senghor à la veille des indépendances.
INTRODUCTION : En 1945, on assiste à
l'effondrement des empires coloniaux. La Seconde Guerre Mondiale a eu des
répercutions indéniables sur le système colonial français : dans les colonies
françaises notamment, un désir ardent de liberté et d'indépendance se
manifesta. Au Sénégal, le processus
d'indépendance connaîtra différentes étapes dont les plus importantes
sont : la Conférence de Brazzaville, l'Union française, la Loi-Cadre et la
Communauté.
I.
LES CONSEQUENCES DE LA
SECONDE GUERRE MONDIALE SUR
LE SYSTEME COLONIAL FRANÇAIS
La participation
des peuples colonisés à la 2e Guerre Mondiale [contribution en
hommes ( 200.000 tirailleurs sénégalais ), en argent, en matières premières, en
denrées…] a sans nul doute susciter
chez ces derniers un éveil de conscience et un sentiment anticolonialiste.
Ainsi des mouvements en faveur de l'indépendance vont naître et se développer
dans les colonies.
Au plan international, on va assister également à la
remise en question du système colonial par l'O.N.U., les U.S.A. et
l'U.R.S.S.qui soutiennent les différents mouvements nationalistes. Pour sauver
son empire, la France tentera de réformer sa politique coloniale. Durant les
quinze années qui vont suivre la 2e guerre mondiale, les réformes se
succéderont les unes aux autres.
II.
LE PROCESSUS D'INDEPENDANCE
AU SENEGAL
A. LA CONFERENCE DE BRAZZAVILLE.
Elle s'est réunie à Brazzaville du 31 janvier au 8
février 1944 sur l'initiative de René Pleven, sans la participation d'un seul
ressortissant africain. Au cours de cette conférence, qui porte les germes de
l'indépendance des colonies africaines, d'importantes recommandations ont été formulées
:
Æ Création d'une assemblée
fédérale et de conseils territoriaux.
Æ Suppression du code de
l'indigénat.
Æ Réglementation des syndicats
professionnels et établissement de la liberté de travail.
Æ Rédaction d'une nouvelle et
future constitution relative à l'union
française.
B. L'UNION FRANÇAISE.
L'Union française vit le jour, le 13 octobre 1946
modifiant ainsi le statut des colonies.
L'empire devint l'union française, les colonies des
territoires d'outre-mer (T.O.M.) et département d'outre-mer (D.O.M.).
De nouvelles institutions politiques firent
également leur apparition : des conseils généraux au niveau des territoires,
deux grands conseils au niveau fédéral (A.O.F. et A.E.F.), deux organes
exécutifs (Président de la République Française et le Gouvernement), deux
organes législatifs (l'Assemblée Nationale et le Conseil de la République) et
deux organes consultatifs (le Haut- Conseil et l'Assemblée de l'Union
Française) au niveau central. La même année, l'indigénat et le travail forcé
sont abolis par une loi ( septembre 1946 ).
En vue de désigner des représentants élus dans les
différentes institutions de l'union, des élections seront régulièrement
organisées au Sénégal de 1946 à 1956.
Le 10 novembre 1946, Lamine Guèye et L. S. Senghor
furent élus députés sur la liste de la S.F.I.O (Section Française de
l'Internationale Ouvrière ) qui remportera également les élections aux conseils
généraux de janvier 1947. La même année Lamine Guèye est élu président du Grand
Conseil de l'A.O.F.
Le 28 septembre 1948, Senghor quitte la S.F.I.O pour
fonder avec son ami Mamadou Dia, le B.D.S (Bloc Démocratique Sénégalais : 27
oct. 1948 ) qui remportera les élections législatives de 1951 et les élections
de renouvellement des conseils généraux de 1952. Nommé secrétaire d'Etat à la
Présidence du conseil, Senghor obtient que les villes de Kaolack, Thiès et
Diourbel soient érigées en communes de plein exercice.
En 1952, fut promulgué le code du travail
d'outre-mer qui reconnut aux africains le droit aux congés payés et aux
allocations familiales et limite le temps de travail hebdomadaire à 40 heures.
En 1956, le mouvement syndical fonda à Cotonou
l'U.G.T.A.N (Union Générale des Travailleurs d'Afrique Noire ). Vivement
dénoncée par les Africains, l'Union française disparaîtra au terme de dix années d'existence pour
faire place à la Loi-Cadre.
C. LA LOI-CADRE
Préparée par Gaston Deferre et Houphouët Boigny,
celle-ci fut votée le 23 juin 1956 et inaugure la décentralisation. Elle
modifie le statut des territoires d'outre-mer qui disposèrent chacun de
nouvelles institutions : une Assemblée Territoriale, un Conseil de
Gouvernement, un Chef de territoire.
En instituant un exécutif local au niveau de chaque
colonie, en attribuant aux assemblées territoriales des pouvoirs étendus, la
loi-cadre consacrait sans aucun doute la "balkanisation" de
l'Afrique.
En vue de faire face aux nouvelles responsabilités
découlant de l'autonomie octroyée aux territoires d'outre-mer
par la Loi-cadre, SENGHOR fonde en 1956, un nouveau
parti né de la fusion du B.D.S. et de l'U.D.S. (Union Démocratique Sénégalaise
) de Thierno Bâ et Abdoulaye Guèye : le B.P.S. (Bloc Populaire Sénégalais).
Le 15 mars 1957 des élections au suffrage universel
sont organisées au Sénégal. Ces dernières furent remportées par le B.P.S. face
au P.S.A.S.(Parti Socialiste d'Action Sénégalaise) de Lamine Guèye. Elu
vice-président du Conseil du Gouvernement, Mamadou Dia décida de transférer la
capitale du Sénégal à Dakar.
Au même moment, un fervent partisan de
l'indépendance, Majmouth Diop, fonda un parti communiste : le P.A.I. (Parti
Africain de l'Indépendance).
En avril 1958, Senghor, fédéraliste convaincu, créa
un parti unifié pour contrecarrer les
"territorialistes" du RDA (Rassemblement Démocratique Africain) en
fusionnant le BPS et le PSAS : l'U.P.S. (Union Progressiste Sénégalaise). Deux
mois plus tard, la classe politique sénégalaise sera profondément déchirée par
la question de la communauté.
D. LA COMMUNAUTE FRANÇAISE
En juin 1958
De Gaule se propose de soumettre à référendum, aux territoires d'outre-mer,
une nouvelle constitution relative à la communauté française.
Au Sénégal, la question provoqua la scission de
l'U.P.S.avec la création du PRA/Sénégal (Parti du Rassemblement Africain) par
Abdoulaye Ly, Assane Seck, A.M.Mbow, Thierno Bâ et Latyr Camara qui, comme tous
les responsables du PAI, certains étudiants et syndicalistes, réclamèrent
l'indépendance immédiate pour le Sénégal. Malgré toutes ces velléités
indépendantistes, la communauté française sera approuvée le 28 septembre 1958,
par 92,7% des électeurs sénégalais. Le 25 novembre 1958, la République du
Sénégal est proclamée et Mamadou Dia élu président du Conseil du Gouvernement.
Le 17 janvier 1959, le Sénégal et le Soudan français
fondent la Fédération du Mali dont l'éclatement le 2O août 196O débouche sur
l'indépendance de la République sénégalaise.
CONCLUSION: L'évolution des rapports entre la France et ses colonies d'Afrique est une résultante de la deuxième guerre mondiale. L'indépendance du Sénégal est l'aboutissement d'un long processus qui a connu différentes péripéties. Au sortir du conflit, le Sénégal va aborder une nouvelle étape de son histoire politique avec la participation des ruraux au processus démocratique. L'accession du pays à la souveraineté internationale consacre l'événement au pouvoir d'une élite locale dont la mission première sera de construire la nation sénég